Val-d'Ambre a voté son plan de circulation : ce qui change en septembre
Six modifications votées, deux retirées en séance, une qui coupe la rue Basse au tourne-à-gauche. Ce que le plan de circulation de Val-d'Ambre change au 1er septembre, rue par rue.
Hakim ZerroukiLecture : 5 min
Le conseil municipal de Val-d'Ambre a adopté son plan de circulation le 9 juin, délibération n° 2026-41, par dix-neuf voix pour et quatre abstentions. Huit modifications étaient inscrites à l'ordre du jour. Six ont été votées, deux ont été retirées en séance.
Tout entre en vigueur le 1er septembre, sauf la zone 30, qui relève d'un arrêté du maire et s'applique dès le 6 juillet. Le plan avait été mis à l'étude en 2023, présenté en réunion publique en novembre 2025, et il n'a pas bougé entre cette réunion et le vote — ce qui, en soi, mérite d'être noté : c'est la première fois depuis 2014 qu'un document d'aménagement de la commune arrive au conseil dans la forme où il a été montré aux habitants.
La mesure qui inquiète, et ce que mesure le comptage
La troisième modification est la seule qui ait produit une pétition : soixante et onze signatures, dont sept des neuf commerçants de la rue Basse, déposées le 2 juin.
L'argument tient en une phrase — supprimer le tourne-à-gauche, c'est supprimer le passage. Il se vérifie, et la commune dispose pour cela d'un comptage qu'elle n'a pas versé au dossier de séance. Six compteurs pneumatiques ont été posés du 9 au 15 mars. Le pont supporte 4 180 véhicules par jour ouvré. 1 260 tournent à gauche vers la rue Basse, soit trente pour cent. C'est un flux réel, et la pétition ne l'invente pas.
Reste à savoir ce que ces 1 260 véhicules font de la rue. Le même relevé porte sur la rotation des quatorze places de stationnement : soixante-deux arrêts par jour, dont quarante et un par des véhicules arrivant du pont. Sur 1 260 passages, quarante et un s'arrêtent. Trois virgule trois pour cent. Les 1 219 autres traversent la rue Basse pour rejoindre la départementale, et c'est très exactement ce que le plan cherche à leur faire faire ailleurs.
6modifications
votées le 9 juin, deux retirées en séance
1 260véhicules par jour
tournent aujourd'hui à gauche vers la rue Basse
41arrêts par jour
dans la rue, sur ces 1 260 passages
3minutes
le détour imposé par le nouvel itinéraire
Le calcul que personne n'a fait : trois minutes contre dix
Le détour a été chronométré, à vide et en heure de pointe, sur les deux sens : neuf cents mètres, trois minutes en pointe, une minute quarante le reste du temps.
Il faut le comparer à l'alternative que les mêmes commerçants redoutent, c'est-à-dire au report des clients sur le parking du Champ-de-Foire — cent quatre-vingts places, gratuites, sans limite de durée, à quatre cents mètres. Quatre cents mètres à pied font cinq minutes, et il faut les faire deux fois. Le plan de circulation coûte trois minutes en voiture ; le report en coûte dix à pied. En arithmétique de temps, la rue Basse reste, après septembre, l'accès le plus rapide au centre.
La zone bleue ne renverse pas ce calcul non plus. Elle ne contraint que les visites de plus d'une heure trente. Les durées moyennes d'arrêt ont été relevées sur les neuf commerces : sept sont sous vingt-cinq minutes, le salon de coiffure est à soixante-dix-huit, le bar-restaurant à soixante-neuf. Aucun des neuf n'atteint le seuil. La mesure qui a fait signer sept commerçants sur neuf ne mord, en l'état, sur aucun de leurs clients.
Une mesure du plan les touche pourtant, et elle ne figure ni dans la pétition ni dans les quarante minutes de débat en séance. C'est la cinquième : le créneau de livraison de 6 h à 10 h 30, hors jeudi. Quatre des neuf commerces sont livrés le jeudi matin — boulangerie, boucherie, bar-restaurant, presse — parce que c'est le jour où leurs fournisseurs montent sur le plateau pour le marché. Ces quatre-là devront changer de jour de livraison ou décharger sur le quai, à soixante mètres. La délibération ne prévoit aucune dérogation, et le mot « jeudi » n'a pas été prononcé une fois pendant le débat.
Les deux mesures retirées, et pour quel motif
La piétonisation du bas de la rue Basse le samedi matin a été retirée avant le vote, faute d'avis du service d'incendie sur le maintien de l'accès des secours — trente et un mètres de voirie qui ne peuvent être obstrués. L'avis avait été demandé le 4 mai ; il n'était pas revenu le 9 juin. La mesure est renvoyée au conseil de septembre, sans autre modification que cet avis.
Le passage payant du parking du Champ-de-Foire, lui, a été retiré après un amendement d'un conseiller de la majorité, adopté par douze voix contre onze. C'est le seul vote serré de la séance. Il a des conséquences directes sur le reste du plan : c'est la gratuité illimitée du Champ-de-Foire qui rend supportable la zone bleue de la rue Basse, et c'était aussi la seule recette nouvelle envisagée pour financer les quatre plateaux surélevés, chiffrés à 118 000 euros. Ils sont désormais inscrits en investissement sur l'exercice 2027, sans recette en face.