Le budget 2027 de la communauté des Hauts, en six graphiques
24,6 millions d'euros, dont 18,2 de fonctionnement. Six graphiques pour six questions : où va l'euro, qui le fournit, ce qui monte, ce qui baisse, la dette par habitant, et ce qui reste à financer.
Hakim ZerroukiLecture : 5 min
Un budget primitif se présente en séance en quarante minutes, avec des tableaux que personne ne peut lire de loin. Il se vote ensuite en une fois, sans que les questions les plus simples aient été posées.
Cet article pose six questions à l'avance et y répond avec les documents publiés. Aucun commentaire d'orientation : ce qui est écrit ici est ce que le document dit, et rien de plus.
Une précision de périmètre, avant les chiffres. Les 24,6 millions sont ceux du budget principal. L'eau et l'assainissement se votent à part, dans des budgets annexes qui doivent s'équilibrer sur leurs seules recettes : rien de ce qui suit ne les concerne, et aucun euro du budget principal ne peut y être versé.
24,6M€
masse totale du budget 2027
18,2M€
section de fonctionnement
6,4M€
section d'investissement
Où va l'euro
Sur cent euros dépensés, la section de fonctionnement en absorbe soixante-quatorze. C'est la proportion habituelle d'une intercommunalité de cette taille, et elle n'appelle pas de commentaire en soi.
Ce qui en appelle un, c'est sa décomposition : les charges de personnel et les contributions à des syndicats extérieurs — dont celui d'assainissement, cité dans notre dossier sur l'eau — représentent ensemble plus de la moitié du fonctionnement. Ce sont deux postes sur lesquels un vote annuel ne peut presque rien.
Un troisième poste mérite d'être sorti du tableau parce qu'il est le seul service que la collectivité a créé de sa propre initiative ces dix dernières années : le car express de Val-d'Ambre à la gare basse, ouvert en septembre 2024, six allers-retours par jour. Il coûte 1,9 million d'euros par an et il est subventionné à 62 %, ce qui laisse 722 000 euros à la charge de la communauté. Rapporté aux 128 000 voyages de la saison 2025-2026, le trajet revient à 14,80 euros, dont 5,60 euros payés par la collectivité. Ce chiffre n'a jamais été présenté au conseil ; il se calcule avec deux lignes du rapport d'exploitation et une division.
Les 6,4 millions d'investissement, eux, ne portent aucun projet dominant. Voirie 1,7 million, bâtiments scolaires 1,2, collecte et déchèterie 0,8, aménagement de la zone d'activité 0,9, matériel et informatique 0,5 ; le solde, 1,3 million, se répartit sur vingt-sept opérations dont aucune ne dépasse 150 000 euros. C'est un budget d'entretien, pas de projet, et c'est un fait, pas un reproche.
74%
part du fonctionnement dans la dépense totale
21écoles
dont 1 classe fermée à la rentrée 2026
2généralistes
pour 17 400 habitants
Qui le fournit
Trois sources : la fiscalité directe, les dotations de l'État, et les recettes propres — redevances, ventes, participations. La part des dotations est la seule des trois qui n'ait pas augmenté depuis 2019 en euros courants ; elle a donc baissé en euros constants.
L'ordre de grandeur se pose en une phrase. Les dotations valaient 4,9 millions en 2019, elles valent 4,9 millions au budget 2027 ; l'inflation cumulée sur ces huit exercices étant de 22 %, elles ont perdu 18 % de leur pouvoir d'achat, soit un peu moins de 900 000 euros par an.
L'écart a été compensé par la fiscalité directe, sans que le taux ait été relevé : c'est la base qui a grossi, avec les résidences secondaires. 2 380 logements, soit 24 % du parc. Cette compensation a un défaut qu'aucun document ne signale : elle fait dépendre l'équilibre du budget de la même chose qui tend le marché du logement, et sur laquelle la collectivité n'a aucune prise.
Ce qui monte, ce qui baisse, et la dette
Deux postes montent nettement : l'énergie des bâtiments et les contributions aux syndicats. Un poste baisse : les subventions aux associations, de façon continue depuis trois exercices, sans qu'aucune délibération n'ait porté sur ce choix — il résulte de l'arbitrage annuel, pas d'une décision affichée. Elles passent de 214 000 euros en 2024 à 176 000 au budget 2027, soit 18 % en trois ans ; le festival des Hauts, qui fête sa vingtième édition, en représente à lui seul 34 000.
Un montant monte aussi sans porter de nom, et il faut le chercher pour le trouver. La station de Monteclair 1450 a clos sa saison sur 480 000 euros de déficit d'exploitation. Cette somme est bien dans le document — elle apparaît en régularisation de fin d'exercice, dans un chapitre de charges exceptionnelles, sans que le mot « station » figure nulle part. Elle représente deux fois le total des subventions aux associations, et 2 % du budget. Aucune délibération n'a jamais porté sur son principe.
La dette par habitant, elle, est stable depuis 2019 : 412 euros, soit un encours de 7,2 millions d'euros pour 17 400 habitants. Elle le reste dans le budget 2027, mais le reste à financer du PLUi n'y figure pas encore.
412€
de dette par habitant, inchangée depuis 2019
5,60€
ce que la collectivité paie par voyage du car express
480 000€
de subvention d'équilibre versée sans ligne à son nom
C'est la seule ligne réellement absente du document, et elle est signalée en annexe : le PLUi, approuvé en 2027, porte des équipements dont la ressource n'est pas identifiée. La question ne se posera donc pas cette année. Elle se posera l'an prochain, et elle aura la taille qu'on lui aura laissé prendre.
Les deux chiffres à garder en tête d'ici là tiennent en une ligne chacun. Une dette stable à 412 euros par habitant laisse de la capacité d'emprunt. Une section d'investissement de 6,4 millions déjà consommée par l'entretien courant n'en laisse aucune sans emprunter.